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La période actuelle est plus favorable à la sélection de valeurs, qu’aux choix sectoriels
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 23/01/2026 à 12:04

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 23 janvier 2026
Le revirement de Donald Trump sur le Groenland est riche d'enseignements. Le premier est que la violence de plus en plus forte de ses prises de position est inversement proportionnelle à son efficacité. Après avoir menacé de représailles douanières totalement délirantes tous les pays qui s'opposeraient à son projet de prise de contrôle de l'île sous administration danoise, le président américain a signé un accord international sur le Groenland qui ne lui donne rien en échange. La preuve est faite que la parole de Donald Trump est totalement démonétisée.
Ce nouvel épisode montre que le locataire actuel de la Maison Blanche n'est pas le président pro-business que Wall Street croyait avoir accueilli l'an dernier. Dans cette affaire, il n'a gagné que le rare privilège d'être la personnalité publique la plus caricaturée dans la presse internationale. Très drôle ! Mais si la prochaine étape est une tentative de prise de contrôle pure et simple de la Fed, au printemps prochain à l'occasion du départ de Jerome Powell, Wall Street risque de moins s'amuser.
Jusqu'à présent, les marchés ont plutôt bien géré la situation. La parenthèse Groenlandaise s'est refermée sur un happy-end. Nous en venons au deuxième enseignement : tant que Donald Trump ne menace pas les piliers du Temple, il n'y a pas lieu de paniquer. Il y a, en d'autres termes, plus à gagner à rester investi, qu'à fuir le marché à chacune de ses sorties. Nous devons cependant nous habituer à vivre dans un monde plus instable que par le passé, tout en gardant à l'esprit que les tensions géopolitiques n'ont jamais été - à quelques exceptions près - un sujet de fond pour les marchés.

laskine

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S'agissant de la construction d'un portefeuille boursier, à quelques jours du début des publications des comptes de fin d'année, il paraît plus opportun de se concentrer sur les résultats des entreprises. C'est le moment où les analystes ajustent leurs estimations de profits pour l'année entière et que les grandes gestions arrêtent leur stratégie d'investissement pour les mois à venir. La chute de plus de 10% de l'action Intel dans les échanges après Bourse à New York, à la suite de l'annonce de perspectives décevantes sur l'activité du premier trimestre de l'année, montre combien la période actuelle est cruciale pour les marchés.
Les profits 2025 ne devraient pas se révéler extraordinaires en raison de l'impact de la baisse du dollar qui a pénalisé la plupart des grands groupes exportateurs. Les investisseurs seront donc surtout attentifs au respect des projections annoncées par les dirigeants d'entreprise et à leurs prévisions pour 2026. Pour l'heure, le consensus des analystes mise sur une progression des profits des sociétés de la zone euro à un niveau légèrement supérieur à 12%, ce qui serait remarquable compte tenu d'un taux de croissance du PIB qui ne devrait pas dépasser 1,4% à 1,5% cette année. L'essentiel de la progression des bénéfices proviendra une fois de plus de la capacité de nos entreprises à renforcer leurs marges bénéficiaires, avec des progressions de chiffres d'affaires surtout obtenues à l'exportation vers les Etats-Unis, en dépit de la hausse des droits de douane, et vers les pays émergents.

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A la Bourse de Paris, les choses sérieuses commenceront la semaine prochaine, avec la publication des comptes annuels de LVMH le 27 janvier, puis deux jours après, ceux de Sanofi et de STMicroelectronics. La première semaine de février sera marquée par la présentation des résultats des banques (Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale), ainsi que ceux d'ArcelorMittal et de Vinci. Une attention particulière devra être accordée à la réaction de nos chefs d'entreprises, face aux quelque 8 milliards d'euros de charges supplémentaires inscrites au budget 2026. Cet alourdissement qui touche les grandes entreprises pourrait conduire à un accroissement de la décote de valorisation qui commence à toucher nos entreprises par rapport à leurs concurrents européens. La France renvoie l'image d'un pays vautré dans les déficits publics (37 milliards de dépenses supplémentaires cette année), qui préfère ponctionner ses entreprises et ceux qui réussissent, plutôt que de se soucier de créer de la richesse. Voilà qui est dit…
Pour notre part, les récents arbitrages auxquels nous avons procédés au cours de ces derniers jours, ont permis à nos quatre portefeuilles PEA de renforcer leur avance sur le CAC 40, désormais en légère baisse depuis le début de l'année. La meilleure performance revient à l'Offensif avec un gain de 8,20% depuis le début de l'année, un beau revirement après un année 2025 difficile pour ce portefeuille dédié à une gestion active en toute circonstance. Les achats que nous avons effectués en janvier (10 actions ASML Holding, 500 Vallourec, 200 Eramet et 500 Imerys) surperforment largement le marché.  Nos actions ArcelorMittal, Rubis, Rexel et BNP Paribas acquises fin 2025, ainsi que les positions prises à Francfort sur Heidelberg, Aixtron et RWE, donnent également satisfaction. Cette semaine, nous avons en revanche pris des bénéfices sur la moitié de la ligne Airbus, en raison de la baisse du dollar qui pourrait peser sur les profits de fin d'année.
Le Défensif, plus chargé en liquidités, a bien résisté à la consolidation récente (+3,6% depuis le 1er janvier). Nous avons cette semaine acquis 1000 actions Orange, ce qui revient à doubler la position sur ce titre. La recherche d'un accord sur la reprise d'une partie des activités de SFR devrait permettre à Orange de se renforcer sur ses principaux marchés. La perspective du passage de quatre à trois opérateurs de téléphonie mobile en France devrait surtout avoir à terme un effet positif sur les marges qui étaient très contraintes dans l'Hexagone. Pas de changements sur les sélections ISR/PEA. Dans notre sélection d'ETF Monde, nous avons allégé une partie des positions sur le tracker Amundi CAC 40, en raison du très mauvais signal envoyé au marché par un budget 2026 de pure tradition étatique, à contre-temps de l'orientation libérale de tous nos voisins européens. Nos plus grosses positions sont aujourd'hui concentrées sur la Bourse américaine et, depuis fin novembre, sur le secteur de la santé.
Quelle stratégie pour les semaines à venir ? Nous n'excluons pas de procéder au cours du mois de février à de nombreux arbitrages, plus orientés vers la recherche de valeurs prises individuellement, que vers des choix sectoriels. L'objectif sera de nous concentrer sur les bonnes surprises qui pourraient être annoncées lors des publications annuelles, ainsi que sur les commentaires des directions générales. Une attention particulière sera donnée aux valeurs moyennes qui sont les plus susceptibles de surprendre. L'expérience montre que la diffusion dans les cours de Bourse des bonnes nouvelles annoncées au marché s'étale sur plusieurs semaines. La forte hausse des cours de Bourse, qui ne manque pas de se produire le jour de la publication, n'empêche nullement ces valeurs de poursuivre leur rattrapage sur plusieurs semaines. Le temps que les analystes, peu nombreux sur les Mid-Caps, ajustent leurs prévisions et en informent leur clientèle internationale submergée par l'abondance des informations diffusées en période de publication.
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine

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